Fra Angelico et les innovations des peintres florentins
Dans le premier quart du XVe siècle, de grands chantiers architecturaux transforment la physionomie de Florence. C’est d’abord Lorenzo Ghiberti (1378–1455), pourtant inconnu, qui remporte en 1401 le concours pour la réalisation des nouvelles portes du Baptistère du Duomo, la cathédrale de Florence. À sa suite, des architectes comme Brunelleschi (1377–1446) et des sculpteurs comme Donatello (vers 1386–1466) vont poursuivre la transformation de la ville.
Un climat tout aussi novateur se diffuse dans l’art pictural, alors même que des personnalités comme Lorenzo Monaco ou Gentile da Fabriano (vers 1375–1427) continuent à faire briller les feux du gothique international. Ces maîtres associent le raffinement du trait et la délicatesse de la polychromie pour construire leurs compositions, à l’image du Saint François recevant les stigmates réalisé par Gentile da Fabriano (Fondazione Magnani Rocca, Parme). À leurs côtés, de jeunes artistes transcrivent en peinture les innovations qu’ont expérimentées les sculpteurs florentins. L’un des premiers à incarner cette nouvelle tendance est Masolino (1383–vers 1440) : dans ses œuvres, le fond d’or médiéval s’efface progressivement pour laisser place à une construction en perspective (Histoire de saint Julien l’Hospitalier, Musée Ingres, Montauban). Paolo Uccello (1397–1475), lui aussi, intègre progressivement les nouvelles règles de la perspective, comme en témoigne le Saint Georges terrassant le dragon du Musée Jacquemart-André. Masaccio (1401-1428) et son frère Le Scheggia (1406–1486) privilégient, quant à eux, l’étagement des plans pour restituer les nouvelles lignes architecturales (La Naissance de la Vierge, Musée Jacquemart-André, Paris).
Fort de sa formation auprès des héritiers de la peinture courtoise de la fin du Moyen Âge, Fra Angelico s’approprie également les nouveaux préceptes développés par les grandes figures de la peinture florentine de son temps. Avec un talent unique, il développe à son tour de nouvelles propositions. C’est tout particulièrement sur les prédelles, en partie inférieure des retables qui lui sont commandés, que Fra Angelico peut faire preuve d’audace. Ces éléments ont en effet moins d’importance aux yeux des commanditaires que le registre supérieur pour lequel ils préfèrent des formules traditionnelles. Conçus comme un complément aux panneaux principaux, ces prédelles sont généralement composées de plusieurs scènes et les artistes ont ainsi pour habitude d’y raconter plusieurs épisodes de la vie d’un saint. C’est sur ces panneaux de petite dimension, où il se plaît à marier couleurs raffinées et effets de perspective, que les innovations de Fra Angelico sont les plus fortes. Il apporte ainsi dans ses œuvres une grande attention à la représentation des personnages (Le Martyre des saints Côme et Damien, Musée du Louvre, Paris) et des éléments d’architecture (Naissance et vocation de saint Nicolas, aumône aux trois jeunes filles pauvres, Musei Vaticani, Cité du Vatican)
Les notices d'œuvres :
- Filippo Lippi (1406-1469), Vierge à l'Enfant, dix saints, six anges et un dévot
- Fra Angelico (vers 1400-1455), La Nativité et La Prière au jardin des Oliviers
- Fra Angelico (vers 1400-1455), Le Martyre des saints Côme et Damien
- Masolino da Panicale (1383-1440), Saint Julien
- Paolo Uccello (1397-1475), Saint Jean l'Evangéliste à Patmos, l'Adoration des Mages, Saint Jacques le Majeur et saint Ansano
- Scheggia (Giovanni di Ser Giovanni, dit, 1406-1486), La Naissance de la Vierge
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Vierge à l'Enfant, dix saints, six anges et un dévot
1430-1440
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La Nativité et La Prière au jardin des Oliviers
Avant 1430
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Le Martyre des saints Côme et Damien
Vers 1438-1443
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Saint Julien
Vers 1423-1425
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Saint Jean l'Evangéliste à Patmos, l'Adoration des Mages, Saint Jacques le Majeur et saint Ansano
Vers 1432-1438
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La Naissance de la Vierge
Vers 1435

